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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 15:52

Qu'est ce qui peut pousser un être raisonnable à subir le stress, travailler dur, répéter, répéter encore, pendant des mois, faire 400 km pour l'occasion, monter sur scène, mourir de trouille face à un public, être ébloui par les projecteurs, crever de chaud en costume cravate en plein mois d'Août, en redescendre épuisé, laminé, la voix cassée, des bleus inexplicables sur les bras et n'avoir qu'une envie, recommencer ?

Je n'en ai aucune idée. 

Moi, ce que je voulait faire, c'était dessiner des filles nues au fusain. 

Je me suis donc inscrit au cours de dessin du Centre Culturel le plus proche.

Il y avait aussi des cours de théâtre. Dans un Centre Culturel, on peut demander une séance d'essai gratuite. Un jour, poussé par une amie, j'y suis allé. Et tout est allé très vite. Pouf ! Dix huit ans ont passé. 

Une grande tranche de temps vibrante d'émotions.

Avec son cortège de troupes, de clans, de fortes gueules, de défections, de coups bas, de tonnes de parpaings déchargées à trois heures du matin sous la pluie, de décors, construits, montés, démontés, réparés, recyclés, de bon plans, de mauvais plans, des bides, des succès.

Et puis, surtout il y a les autres, ceux avec qui on partage cette émotion et qui deviennent plus que des amis : des partenaires de scène.

Les troupes se font, se défont, les gens s'en vont, on se perd de vue mais souvent on y repense. Quand le hasard nous fait nous croiser, on retrouve instantanément la complicité, on reprend presque la conversation là où on l'avait laissée. En fait, l'autre n'avait jamais été très loin. Les anecdotes connues de tous remontent, et on en rigole à nouveau.
"Tu te rappelle la fois où..." 

Ou alors, on ne dit rien, parce que c'est bien aussi.

Parfois, en classant des papiers, on retrouve une vieille photo découpée dans un journal local, et on se dit "Je me rappelle ce soir là".

Un peu de regret aussi. On se dit que c'était si fort ce que l'on vivait ensemble que l'on aurait du le savoir, qu'il fallait goûter cet instant avec plus de profondeur et ne pas seulement le vivre, le laisser filer.

Maintenant, je fais gaffe. J'apprécie, je déguste, je me pourlèche. 

Etre sur scène, c'est un des desserts de la vie, il faut le consommer lentement, avec attention et délectation...

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Didier Guillion - dans Humeur
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commentaires

Elodie 20/03/2009 14:52

Toutes mes excuses...
La coincidence est frappante puisqu'il écrit lui aussi des pièces de théâtre et nous avons joué l'an dernier sous sa direction (en amateurs) une pièce parlant du cerveau, dans laquelle était citée la "dure mère".

Désolée.

Didier Guillion 20/03/2009 17:38


Pas de quoi être désolée. Ca m'arrive tout le temps...

Cordialement 


Elodie 20/03/2009 01:27

Eh bien, je surf sur le blog d'evelyne louvre blondeau sur lequel je passe tres régulierement et que vois-je, un commentaire sur la dure mère, partie du cerveau, qui aussitot bien sur me rappelle quelques souvenirs... et bien sûr je ne suis pas étonnée de voir qu'il est signé de toi.
J'espere que tu vas bien et que l'atelier se passe bien cette année... Avez vous déjà la date de représentation ? Je suis toujours sur Londres mais il se pourrait que je sois en France en juin donc ça pourrait me faire une occasion de passer par Troyes. Donne le bonjour à tous de ma part s'il te plait ! A bientot peut etre.

Didier Guillion 20/03/2009 14:32


Bonjour,

Je pense que tu me confond avec quelqu'un d'autre, je n'ai jamais mis les pieds à Troyes...

Cordialement 


sartan83 16/03/2009 19:52

Je te souhaite donc pouvoir te délecter de ces moments encore longtemps !
Bonne soirée