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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 15:42

C'est un samedi, en Septembre 2005, il fait beau. Nous interprétons une création en trois parties à Termes d'Armagnac.

La veille, nous avions joué à peine débarqué de la voiture, devant un petit comité. Mais le Samedi, le public commence à affluer. La plupart des spectacles sont gratuits et on peut même se restaurer sur place. L'équipe de l'association s'active avec frénésie. En attendant de jouer, je fait le tour des lieux. Une cuisine improvisée est en train de se mettre en place, un chef et quelques bénévoles. On prévois plus de cent couverts pour le déjeuner. J'adore l'excitation de la cuisine, le coup de feu, les couteaux qui s'agitent, les ordres qui fusent et les grandes marmites qui bouillonnent.

Je propose mon aide, elle est acceptée. Pendant trois jours, je vais répondre aux ordres du Chef, Raphaël, une forte tête qui pousse de terrible coups de gueule mais sait aussi prendre dix minutes pour expliquer comment découper une tomate. D'accord, ce sera servit dans des assiettes en plastique mais aucune dérogation sur la présentation, chaque plateau doit être bien garni, servit chaud et d'abord plaisant aux yeux. Ce n'est pas de la cantine, c'est de la gastronomie de terrain.

Je vais passer trois jours magnifiques à apprendre un tas d'astuces.

Mais à peine le tablier et la toque enlevés, il est temps de jouer la deuxième partie de notre pièce.

A noter, qu'il y a beaucoup d'Anglais dans le Gers, et que certains étaient venus voir le spectacle, merci de leur compréhension...

 

Deuxième jour :

 

S- Mon maître vous m'avez narré hier les fantastiques aventures de Thibault d'Armagnac, vous en étiez à ces combats épiques contre les Anglais aux cotés de la douce Jeanne. 

Apres avoir déjeuné d'un demi boeuf, et de quelques tonneaux de bon vins, il enfourche son cheval et rejoint les pays de Loire.

D- Et le vent de sa course est si fort qu'il souffle les volcans d'Auvergne.

S- Et il se retrouve face à l'armée des Anglais.

D- Alors Thibault d'Armagnac, ne fait ni une ni deux, il pique son cheval et charge seul les Anglais, en abat deux, dix, une centaine. 

D- Une centaine ?

S- Son épée est si tranchante et si habillement maniée, qu'il lui est fréquent de pourfendre le chevalier avec sa monture, de haut en bas, l'épée ne s'arrêtant qu'au sol. Qu'il ne touche pas. Car jamais un chevalier ne porte atteinte au sol de son Royaume. Il l'abreuve simplement du sang de ses ennemis. 

S- C’est beau … mais ça doit faire mal.

D- Un jour, un capitaine Anglais lui manqua de respect. Il lança à Thibault une injure terrible "D'ou iou vant euh coupeof ti?".

S- Quoi ?

D- D'ou iou vant euh coupe of ti !

S- Non, pas de coupe de tif, merci

D- Mais pas toi, Thibault ! Son noble sang ne fit qu'un tour. D'un revers habile de son épée il fit voler la tête de son ennemi.

S- Ah Ouais ! il avait qu’à pas se moquer de sa coiffure ...

D- et la tête vola jusqu'en Angleterre..

S- Ce drop !

D- Où elle chut sur la table du roi des Anglais

S- En plein dans le bouillon à la menthe !

D- Il en fut fort mécontent.

S- Tu m'étonnes des yeux dans le bouillon ! Non, ils aiment pas le pâté de tête les Anglais... 

D- Alors, après la bataille, Thibault revient près de sa douce et tendre, et, à ses genoux, il joue du luth et chante une ode savante écrite pour elle alors qu'il chevauchait depuis les collines de Gascogne.

S- "Il descend de ses collines à cheval ! il descend de ses collines à cheval!"

D- Puis comme le soleil finit sa course, il reprends son chemin et rentre en son domaine.

S- Juste à point pour dîner !

D : Sus à l’ennemi ! (Q fonce dans le public). Suivez-moi chevaliers qui combattez sous la bannière du vaillant Thibaut d'Armagnac. Où es-tu orgueilleux roi des Anglais ? (Q fait tournoyer sa lance en l’air)  Sancho, plonge dans la mêlée et ramène moi le roi des anglais !

S: Mais mon maître a quoi le reconnaîtrais je ?

Q: Il doit avoir fière prestance !

S: C'est pas gagné !

Q: Le temps bileux

S: Là il y a le choix.

Q: Et une couronne sur la tête.

S: Alors là je l'ai monseigneur. Mais c'est un colosse.

Q: Ah ! Viens ici, je suis seul et c’est en combat singulier que je veux mettre tes forces à l’épreuve et t’ôter la vie pour venger l’affront que tu fais subir à Thibault d'Armagnac.

S: Ce roi des anglais va le mettre en pièces. Je dois l'en empêcher ! (Il assomme Q)

Q : Une attaque par derrière ! Le lâche, le fourbe, un chevalier qui n’attaque pas de front n’est pas digne de son rang. 

S : Ah, monseigneur, je vous avais bien dit de faire demi-tour. Un homme averti en vaut deux !

Q: Voila à quoi en sont réduis ceux qui comme moi ont décidé de suivre les dures lois de la chevalerie. Et ceci n'est rien a coté de la fin héroïque de Thibault d'Armagnac.

S: Oh Mon maître ! racontez moi donc cela.

Q: Patience Sancho, la suite viendra demain, il est temps de trouver gîte...

S: Et couvert !

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Didier Guillion - dans Théatre
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