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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 16:43


Et nous voilà déjà Dimanche, c'est le dernier jour. En cuisine, on s'active avec frénésie depuis potron-minet. Le chef, Raphaël, veut terminer le Festival en beauté, brochettes de magrets de canard au miel et fines herbes, coeur de volailles braisés, légumes de saison en salade avec une sauce spéciale, Garbure Landaise... Si certains visiteurs venaient pour la première fois dans le Gers, je suis sur qu'ils y sont revenus depuis.

Mais, c'est aussi les scènes ouvertes où les comédiens sont invités à participer pour des improvisations, alors de temps en temps je troque ma toque d'aide-cuistot pour passer sur scène. C'est très excitant !

Dans le final de notre création, nous prenons au hasard dans le public un homme et une femme. Nous les conduisons sur scène et ils jouent les rôles que nous leur avons désigné. Leur texte, c'est nous qui le disons, en playback. On presse leur main quand ils doivent ouvrir la bouche pour faire semblant de parler.

Et puis, voilà, c'est terminé, on se dit au revoir, et on rentre sur Toulouse.

Mais il reste une galerie de photos en souvenir de ces journées mémorables :

La galerie

Troisième jour :

S- Mon maître vous m'avez narré hier les fantastiques aventures de Thibault d'Armagnac, vous m'avez raconté ses combats épiques contre les Anglais au cotés de la douce Jeanne et vous étiez disposé à me décrire de quelle manière héroïque sa vie se termina.

D- Un jour Sancho, il ne vint point au rendez vous avec la dame de ses pensées, Jeanne, la douce Jeanne, qui le guetta longuement, la larme à l'oeil et les cheveux aux vents...

S- Une indigestion ?

D - Non, la mort. Seule, la mort pouvait l'arrêter. Soudaine, terrible et impitoyable. Il fut frappé.

S- Un chevalier plus valeureux que lui ?

D - Certes pas, il ne peut y avoir de chevalier plus valeureux que Thibault d'Armagnac !

S-  Un coup sournois, il s'est fait (scrrr) pendant son sommeil ? Cela arrive souvent qu'un chevalier se fasse estourbir par son propre écuyer, soudoyé par un autre chevalier plus riche. Il lui mets du poison dans l'Armagnac... Non, non pas dans l'Armagnac.

D- Non !

S- Alors un géant ?

D- Non !

S- Un dragon ?

D- Non une carpe.

S- Une carpe ?

D- Lors d'un banquet, une grosse arête s'est logée en travers de son gosier et il est mort sur le coup.

S- Mourir en plein repas, Quelle mort magnifique !

D- Mais, bien que mort, Thibault eut le temps de s'emparer de son épée, de monter sur la table et de crier trois fois, sus aux Anglais !

S- Sans finir son repas, quel courage ...

D- Et il resté debout, droit, les yeux ouverts sur l'horizon, son épée brandie vers les Anglais.

S- Je vous dit pas la crampe...

D- Dix hommes ont essayé de lui arracher l'épée pour lui donner sépulture décente. Mais sa lame était comme soudée à sa main. On y attacha des chevaux puis des boeufs, tous tirèrent mais son épée resta dans sa dextre. Alors plutôt que de s'épuiser en vain on décida de le porter en terre tel quel.

S- C'est plus simple. En plus c’est pratique avec l’épée ça fait paratonnerre …

D (fort) Mais il est revenu!

S- (cherchant gauche et droite) Où ça , où ça ?

D- Les soirs de pleine Lune, comme ce soir d'ailleurs, regarde Sancho la lune est ronde et pleine, on entend son fantôme se promener dans ce qui fut son château.

S- En haut du donjon ?

D- Non, la cave.

S- Et il agite des chaînes ?

D- Non, il bois au tonneau.

S- Quelle belle mort Monseigneur, c'est une comme cela que je voudrais …

D- Rassure toi Sancho, cela ne saurait tarder.

S- Pour vous mais pas pour moi. Moi, je ne suis point pressé...

D- Mais Sancho, tous les ans, à la même date le spectre de Thibault retrouve le fantôme de Jeanne, et il est ici je le sens...

S- Ah bon !

D- Sancho ! Laisse toi guider par ta fortune et retrouve le Seigneur Thibault.

S: Et c'est repartit.

Euh .. pourriez vous éclairer ma lanterne Monseigneur, le seigneur Thibault d’armagnac est il aussi fort que la légende le suppose ?

D- Et bien plus encore !

S- Il me faut un balèse, Que dire de ces bras ?

D- Des mâts de caravelle.

S- De ces avants bras ?

D- Des jarrets de pur sang.

S- De son buste ?

D- Forgé dans le granit !

S- De son regard ?

D- De braises?

S- De ses cheveux ?

D- La crinière d’un lion sauvage !

S- Un lion ? Un conseil : évitez d’aller chez le coiffeur quand vous avez le hoquet ! Voilà Monseigneur, c’est bien lui … un peu abîmé par le temps peut être …

(Sancho choisi un homme dans le public)

D- Oui, je sais que ces années d’errance ne peuvent laisser une enveloppe charnelle intacte, aussi parfaite soit-elle

(Sancho choisi une femme dans le public)

(Play Back)

T- Ô Jeanne, ma douce, ma vie, je me prosterne devant vous afin que vous daignez user de moi selon votre bon plaisir...

J- Ô Mon chevalier, si votre ramage se rapporte à votre plumage vous êtes le phénix des hôtes de ces bois !

T- Considérez que dorénavant, je suis à vous jusqu’au dernier de mes cheveux.

J- Mais qu’utilisez vous donc comme shampooing ?

T- Mon âme se consume, j’ai tellement attendu ce moment.

J- Et bien voilà, c’est fait.

T- Prenez moi, je suis à vous...

 

Sancho et DQ s’éloignent en narrateurs : 

- Et Thibault offrit une rose à Jeanne

- Elle le pris par la main.

- Ils s’enlassèrent tendrement.

- Et s’embrassèrent langoureusement.

- Pendant des heures.

- Et des jours.

- Et des années.

- Ils s’en moquaient, ils étaient immortels !

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Didier Guillion - dans Théatre
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