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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 15:31

Il y a un peu plus d'un an, j'ai craqué pour une machine à pain (MAP). Oh! Je faisait mon pain depuis quelques années, mais il faut l'avouer, le pétrissage, c'est long et fatiguant. Alors, se lancer dans l'opération trois fois par semaine, on se lasse vite.

Les boulangers de mon quartier sont gentils, mais leur pain n'est vraiment pas génial, une baguette achetée le matin est déjà sèche le soir...

Il faut le dire tout de suite, une MAP c'est parfait pour toute la phase de pétrissage, mais la cuisson, il vaut mieux éviter. La croûte est toujours trop fine et la forme du pain, hum, c'est cubique quoi.

 

Alors, j'ai opté pour un pétrissage à la machine et une cuisson au four traditionnel.

Quand on fait son pain soit même, on sait exactement ce qu'il y a dedans, et les variations sont infinies, on peut ajouter des graines de tournesol, de lin, de pavot, de sésame, choisir des farines plus rudes, ou même remplacer une partie de la farine par de la semoule fine...

Pendant pas mal de temps j'ai suivi la méthode du Poolish Viennois. Cela donne un pain d'une bonne texture, mais il faut s'y prendre la veille. Là aussi trop contraignant.

Maintenant, depuis que je suis tombé sur la recette du Levain Liquide Kayser,

je ne la quitte plus. C'est simple, excellent au goût, et très économique en levure. Il faut juste régénérer son levain tous les quinze jours, cela prends deux minutes. Mon levain dure depuis presque un an déjà.

Et pour ceux qui sont soucieux de leur porte monnaie, une MAP, dans une famille qui est fan de tartines, c'est amorti en six mois...

J'ai maintenant tout un stock de recettes, je vais les mettre au propre et les publier.

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Didier Guillion - dans Humeur
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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 17:03


Dans mon quartier, il y a une école et un boulevard qui s'appellent "Pierre et Marie Curie".
Sur le boulevard, une résidence vient d'être construite et comme "Résidence Pierre et Marie Curie" devait faire un peu long, ce sera "Résidence Pierre Curie"

Alors d'accord, Pierre Curie était loin d'être un bras cassé, c'était un scientifique brillant. Mais Marie, première femme à avoir reçu un Nobel... Et un deuxième dans la foulée ! Seule femme à avoir réussi cela, un en physique, un en chimie, elle ne mériterait pas plus de considération et pour une fois de passer un peu devant ?

Alors pour moi ce sera "Marie et Pierre Curie". Point.

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Didier Guillion - dans Humeur
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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 17:35


J'adore faire les brocantes sauvages et les vides-greniers.  Difficile, de faire la distinction entre les deux, car cela se mélange souvent.
Si la personne en face de vous propose à la vente un peu n'importe quoi par terre, c'est un amateur.
Si tout est bien propre, bien ordonné, dépoussiéré, que le vendeur à un parasol, le thermos, des vitrines pour les objets délicats, la veste en velours usé qui fait "genre", c'est un professionnel, c'est sur.

Quand le temps est beau, c'est un régal d'abord pour les yeux et puis parfois, on fait des trouvailles et des bonne affaires. Souvent, j'ai mon appareil photo à la main et je photographie les objets qui me plaisent.

Ce que j'apprécie le plus, visuellement parlant, ce sont les transparences et les reflets. Mais, si j'était moins raisonnable je me constituerait une collection de vieux outils. C'est très émouvant quand on tombe sur un instrument à la lame usée, au manche en bois poli par plusieurs générations et dont on ne devine même pas la fonction... Peut être l'ultime relique d'un corps de métier disparu ?

Ces grands déballages, ce sont des musées vivants des objets délaissés, aimés, appréciés puis abandonnés car considérés comme démodés. C'est un recyclage des excès de notre société de consommation.

Certains stand de jouets sont époustouflants. Comment peut on offrir tout cela à un enfant ?

C'est aussi des témoignages. Je me rappelle être tombé sur une carte de voeux "Bonne année 1914" avec une dame en froufrou et ombrelle qui faisait la bise (de loin) à un jeune militaire...

C'est aussi beaucoup de personnes qui veulent faire plaisir et sont heureux de "vendre" pour un euro une caisse pleine de "PlayMobils" à un petit garçon aux yeux brillants d'envie.

 

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Didier Guillion - dans Humeur
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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 16:00


 

Je suis toujours à la recherche d'une "recette miroir" qui me permettrait d'utiliser les jaunes d'oeufs que la fabrication des macarons me laisse sur les bras. En mai 1994, j'était tombé dans la "Dépêche du Midi", sur une recette du fameux chef Alain Dutournier.

Il donnait ses astuces pour créer les sublissimes "Cannelés Bordelais". Ces petits gâteaux croquant sur l'extérieur, fondant en dedans et si parfumés.

Dans certaines villes on voit maintenant fleurir des boutiques qui ne vendent que des Cannelés, j'y ait goûté, c'est excellent mais à un prix prohibitif à mon avis...

Détail intéressant, M Dutournier n'utilisait que les jaunes dans sa recette. Cela m'a motivé.

Le problème de ces petits gâteaux, proches des muffins Anglais, c'est qu'il faut des moules spécifiques, sinon, cela ne marche pas. Je m'était donc fait offrir des moules en métal. Le résultat est nickel, mais la phase de nettoyage des moules est rébarbative. J'ai donc laissé tombé pendant une dizaine d'année.

Mais, cette semaine, je me suis fait prêter des moules en silicone et cela m'a réconcilié avec la recette.

J'était un peu dubitatif au départ, mais cela fonctionne très bien, les cannelés sont bien dorés, le démoulage est enfantin et le nettoyage des plus facile.

La recette qui suit est une compilation de ce que j'ai pu glaner sur l'Internet, en gardant comme objectif : n'utiliser que des jaunes.

Et, en plus, c'est terriblement simple à faire...

La semaine prochaine, je vais réessayer la première recette de M Dutournier, encore plus simple, à base de lait concentré, pour voir si cela fait une différence.

Ne soyez pas surpris par la quantité de sucre et de rhum, c'est un élément essentiel de l'originalité de ces petits gâteaux.

J'utilise personnellement de la vanille liquide mais si vous optez pour de la vanille en gousse, pas de problème, il suffit de la laisser infuser dans le lait tiède et de ne pas oublier de la retirer.

Ingrédients pour 32 cannelés :

1 l de lait 
4 cs de vanille liquide
100 g de beurre
500 g de sucre en poudre (non, ce n'est pas une erreur)
250 g de farine tamisée 
220 g de jaune d'oeuf (approx. 8)
100 g de rhum

Matériel :

- Moule à cannelés, les puristes les prennent en cuivre, mais si on ne veut pas passer plus de temps à nettoyer les moules qu'à déguster les cannelés, optez pour deux plaques silicone de 8 cannelés.
- Casserole
- Balance électronique
- Grand cul de poule
- Fouet

Chauffer la vanille avec le lait sans bouillir, faites fondre le beurre dans le lait chaud puis laisser tiédir. 

Blanchir les jaunes avec le sucre puis ajouter la farine. 

Verser le lait tiéde sur le mélange en fouettant afin que l'appareil soit homogène.

Incorporer le rhum, mélanger au fouet, on obtient un appareil très liquide, proche de la pâte à crèpes. Laisser reposer une nuit (voire plus) au réfrigérateur.

Bien mélanger au fouet votre appareil puis remplissez les moules, presque à raz bord.

Cuire 40-45mn à 220°c. L'aspect doit être très brun. Dès que l'on se dit "Mince, c'est brûlé..." C'est que la cuisson est terminée.

Laissez refroidir. 

Démouler. 

Déguster.

 

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 17:03



Dans notre jardin, le Printemps démarre en force. A la fin de l'hiver, nous subissons un foisonnement de violettes qui poussent comme du chiendent. Le muguet a la même vigueur, mais comme tous les ans, il est en avance de plusieurs semaines. Les premières clochettes sont apparues il y a quelques jours.

Une fois de plus, tout sera fané au 1er Mai.

Une conséquence du réchauffement climatique ?

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 18:53


J'ai toujours eut une sérieuse appréhension du vide. Ce n'est pas une phobie, mais même sur une échelle de 1 à 5, je ne suis jamais tranquille. Mais bon, je n'en ai jamais trop parlé, on a sa fierté. Jusqu'au jour où tous les amis du théâtre, pour marquer le coup de mes 40 ans, m'ont fait la surprise de m'offrir un baptême de l'air en montgolfière...

"Tu va voir, tu vas t'éclater !"

"J'espère pas trop tout de même..."

Le jour venu, à la Roque Gageac, dans le Périgord, près de Cahors, je me retrouve dans un champ. C'est presque la fin de la journée, le soleil est rasant et le lieu magnifique. La montgolfière est amenée dans une estafette et on commence à la dérouler. Je ressent une forte appréhension. Et là, le tissu se coince dans la poignée du véhicule et craaaac... Déchirée.

Les spécialistes se concertent, et le verdict est sans appel, impossible de voler. Rendez vous est donné dans un mois.

Nous en profitons pour visiter le village de la Roque Gageac, c'est un site exceptionnel, quelques maisons de pierre accrochées à une falaise, exposée plein sud, un micro climat qui permet à toute sorte de plantes du sud de se développer avec exubérance : agrumes, plantes grasses y foisonnent.

Un mois plus tard, nouvel essai, toujours au couché du soleil, petit vent, et là superbe ! Des paysages de rêve, une lumière incroyable, une expérience inoubliable.

Et un atterrissage mouvementé, à la tombée de la nuit, dans un pré minuscule après que la nacelle ce soit frayée un passage dans les branches hautes des arbres...

Un petit conseil, si vous envisagez un périple en montgolfière, n'oubliez pas la casquette, car le brûleur au dessus de votre tête chauffe drôlement !

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Didier Guillion - dans Humeur
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 09:47

Cela faisait quelques années que je tournait autour des recettes de macarons et que je n'osait me lancer. Un ami m'avait même offert le livre "Un amour de macaron" de Stéphane Glacier. Beaucoup d'avis opposés et de recettes contradictoires fourmillent sur le Net et je me retranchait derrière l'excuse puérile "De toute façon, je n'ai pas de poche à douille..."

Mais comme j'ai du récemment en acquérir une pour faire des biscuits à la cuillère, j'était bien obligé de m'y mettre. Premier essai, première réussite, la chance du débutant. En tout cas, voici pas à pas tous les détails de ce que j'ai fait, en suivant le livre de M Glacier, mais aussi des astuces glanés de ci de là sur la Toile.

Tant qu'à faire, j'ai choisit de tenter les macarons tout chocolat : macarons au chocolat, fourrés de ganache. Ce sont des macarons très forts en bouche, nous allons donc faire de petits macarons.

Pour une vingtaine de petits macarons (3 plaques), il faut :

Pour le premier appareil des macarons

- 225 g de sucre glace
- 125 g de poudre d'amande blanche
- 20 g de cacao en poudre sans sucre style Van Houten

 

Pour le deuxième appareil des macarons

- 100 g de blanc d'oeuf (à peut près les blancs de 4 oeufs, ne pas utiliser d'oeufs trop frais)
- 25 g de sucre en poudre
- 1 cc de jus de citron

 

Pour la ganache

- 12 cl de crème fraîche liquide
- 100 g de chocolat à cuisiner (au moins 60% de cacao)
- 15 g de beurre.

 

Ustensiles :

- Balance électronique
- Tamis fin ou équivalent
- Petit cul de poule
- Batteur
- Spatule souple (Maryse)
- Cuillère en bois
- Plaques à pâtisserie (3)
- Papier sulfurisé

 

Première étape 

- Séparer le blanc des jaunes, peser soigneusement les blancs et les réserver à température ambiante quelques heures sous film alimentaire. (Pour ne pas perdre les jaunes et le reste de blanc, j'ai trouvé une recette de palets bretons, qui viendra...)

- Astuce : On étale la poudre d'amande sur un plat et on la laisse sécher à température ambiante, quelques heures aussi. Ou alors une vingtaine de minutes au four à 50°C.


Deuxième étape (4 à 5 h après)

- On mélange soigneusement le sucre glace, le chocolat en poudre et la poudre d'amande.

- Le mélange est tamisé deux fois.

Troisième étape

- Les blancs,et le jus de citron, sont montés en neige très ferme dans le cul de poule, le sucre en poudre est ajouté en deux fois quand la neige commence à prendre. Le blanc en neige doit faire des stalagmites.

Astuce : Personnellement,  je fait un dégraissage au vinaigre du cul de poule et des pales du batteur.

 

Quatrième étape

- Le mélange sucre glace, chocolat en poudre et poudre d'amande est saupoudré sur les blancs, on l'incorpore très délicatement avec la spatule souple.

Cela doit rester ferme.

Cinquième étape

- On prépare la poche à douille, embout lisse de 1cm.
 

Astuce : Pour remplir très facilement la poche à douille, placez la dans un récipient allongé, genre grand verre doseur,  et versez y le mélange.

Les plaques de cuisson ont été chemisées avec le papier sulfurisé. 

Astuce : Pour ne pas que la feuille de papier se soulève. On fait 5 petits points avec de la pâte à l'envers de la feuille que l'on écrase sur la plaque. 

La pâte est dressée en petites boules de 3 cm de diamètre, régulièrement espacées. Attention, cela va doubler en surface.

 

Sixième étape

- On ne touche plus à rien pendant une bonne heure. Les macarons vont se dessécher légèrement. C'est le croûtage.

 

Septième étape

- Pendant que les macarons croûtent, on prépare la ganache. Le chocolat est râpé, la crème est mise à bouillir puis versée sur le chocolat en tournant avec une cuillère en bois, quand c'est bien homogène, on ajoute le beurre en tout petit morceaux en continuant de tourner. On laisse la ganache refroidir.

 

Huitième étape

- Les macarons sont cuits pendant 12 minutes, à 150°C, chaleur tournante.

- Dès que la plaque est sortie du four, on verse un peu d'eau sous le papier sulfurisé (sans mouiller les macarons). Les macarons vont se décoller tout seul au bout de quelques minutes (magique !)

- On les mets à refroidir sur une grille, coté plat en dessus.

 

Neuvième étape

- Avec une petite cuillère tartiner un peu de ganache froide sur un macaron et y accoler un autre macaron de même diamètre.

 

Dixième et dernière étape

- Mettre les macarons dans un récipient hermétique au réfrigérateur et attendre le lendemain pour déguster : la ganache va légèrement imprégner le macaron et c'est encore meilleur ! 

Il paraît que cela se congèle très bien, je n'ai pas encore essayé...

 

Recette modifiée le 29/11/09

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 16:15

J'était en Terminale et je préparait mon bac, comme il se doit. Par un concours de circonstances, cette année là, je suis tombé sur un florilège de vrais professeurs qui m'ont appris des choses qui m'ont marquées définitivement.

Un jour, notre professeur d'histoire nous à dit, je cite de mémoire :

"Nous devons travailler la guerre de 14-18 qui fait partie du programme. Mais avant de commencer, je voudrais vous lire un texte. Il faut se remettre dans le contexte. C'est la guerre depuis deux ans. Beaucoup de combattants ont à peine plus que votre âge. Ils vivent depuis deux ans dans les tranchées au milieu des rats, infestés par les poux, mangés par la crasse et la gale. Ils mangent des choses immondes. Ils dorment (quand ils le peuvent) dans la boue. Ils ont vu leurs compagnons d'arme déchiquetés à coté d'eux dans une guerre de position qui n'avance plus et dont ils n'ont jamais compris le sens. Et ils reçoivent ce texte, que leur officier leur lit dans un fond sonore d'explosions lointaines."

Ce texte, je l'ai recopié et je l'ai encore.

UN SOLDAT QUI NE SALUT PAS N'EST PAS UN SOLDAT...

C'est un sauvage.

12 D.I.
Etat-Major

P.C. le 8 octobre 1916

Le général commandant la division a constaté que, d'une manière générale, le salut était gauchement exécuté par les hommes et médiocrement rendu par les officiers.

En conséquence, le salut sera exécuté à la 12e D.I. conformément aux prescriptions ci-dessous :

--- Le Salut du Vrai Poilu ----
(3 temps)

1er temps - En vrai coq gaulois, se redresser vivement sur ses ergots, rassembler vigoureusement les talons. Porter lestement la main droite dans la position du salut réglementaire, tendre tout ses muscles, la poitrine bombée, les épaules effacées, le ventre rentré, la main gauche ouverte, le petit doigt sur la couture du pantalon. Planter carrément les yeux dans les yeux du supérieur, relever le menton et dire intérieurement :
<< Je suis fier d'être un Poilu.>>

2ème temps - Baisser imperceptiblement le menton, faire rire ses yeux et dire intérieurement à l'adresse de son supérieur : 
<< Tu en es un aussi, tu gueules quelque fois, mais cela ne fait rien, tu peut compter sur moi.>>

3ème temps - Relever le menton, se grandir par une extension du tronc, penser aux boches, et crier intérieurement : <<On les aura, les salauds.>>

 

--- Le Salut de l'Officier---
(2 temps)

1er temps - Envelopper le soldat d'un regard affectueux, lui rendre le salut les yeux dans yeux, lui sourire discrètement et lui dire intérieurement :
<<Tu es sale, mais tu es beau.>>

2ème temps - Relever le menton, penser aux boches et dire intérieurement :
<< Grâce à toi, on les aura, les cochons.>>

Ces textes devront être appris par coeur.

Signé: Général Brissaud.

 

Personnellement, cette lettre, je l'ai appris par coeur et je ne l'ai jamais oublié. 

J'ai englouti les livres de Remarque et Dorgelès juste après...

 

 

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Didier Guillion - dans Humeur
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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 16:09

 

C'est assez amusant, de voir qu'en cuisine, on a des habitudes sans que l'on s'en rende compte, des idées reçues que l'on ne pense jamais à remettre en question. Et c'est toujours un plaisir de les mettre à mal.

 Il y a quelques années, j'allait souvent dîner chez un ami, Normand, et fameux cuisinier. En général, je lui donnait un coup de main pour préparer le repas.

Un soir, j'avait amené des bottes d'asperges tout fraîches. Nous les épluchons et il me dit, "Je les fait cuire, prépare la sauce".

Benoîtement, je prends un bol, l'huile, le vinaigre, et je commence à monter une vinaigrette. 

Je sent un regard lourd sur moi. 

"Mais qu'est ce que tu fabriques ?"

"Ben, une vinaigrette..."

"Hérésie ! Les asperges ça se mange avec une sauce à la crème fraîche !  De la crème épaisse, sel, poivre du moulin, on chauffe quelques secondes et point barre. " 

(J'ai déjà dit qu'il était Normand ?)

Cela faisait un bon quart de siècle que je mangeait les asperges à la vinaigrette, mais je peut vous dire que depuis, je n'ai pu déguster ce légume autrement qu'à la crème...

Depuis peu, j'ai décidé de m'attaquer à un autre de mes préjugés, la gastronomie Anglaise...

 

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 16:43


Et nous voilà déjà Dimanche, c'est le dernier jour. En cuisine, on s'active avec frénésie depuis potron-minet. Le chef, Raphaël, veut terminer le Festival en beauté, brochettes de magrets de canard au miel et fines herbes, coeur de volailles braisés, légumes de saison en salade avec une sauce spéciale, Garbure Landaise... Si certains visiteurs venaient pour la première fois dans le Gers, je suis sur qu'ils y sont revenus depuis.

Mais, c'est aussi les scènes ouvertes où les comédiens sont invités à participer pour des improvisations, alors de temps en temps je troque ma toque d'aide-cuistot pour passer sur scène. C'est très excitant !

Dans le final de notre création, nous prenons au hasard dans le public un homme et une femme. Nous les conduisons sur scène et ils jouent les rôles que nous leur avons désigné. Leur texte, c'est nous qui le disons, en playback. On presse leur main quand ils doivent ouvrir la bouche pour faire semblant de parler.

Et puis, voilà, c'est terminé, on se dit au revoir, et on rentre sur Toulouse.

Mais il reste une galerie de photos en souvenir de ces journées mémorables :

La galerie

Troisième jour :

S- Mon maître vous m'avez narré hier les fantastiques aventures de Thibault d'Armagnac, vous m'avez raconté ses combats épiques contre les Anglais au cotés de la douce Jeanne et vous étiez disposé à me décrire de quelle manière héroïque sa vie se termina.

D- Un jour Sancho, il ne vint point au rendez vous avec la dame de ses pensées, Jeanne, la douce Jeanne, qui le guetta longuement, la larme à l'oeil et les cheveux aux vents...

S- Une indigestion ?

D - Non, la mort. Seule, la mort pouvait l'arrêter. Soudaine, terrible et impitoyable. Il fut frappé.

S- Un chevalier plus valeureux que lui ?

D - Certes pas, il ne peut y avoir de chevalier plus valeureux que Thibault d'Armagnac !

S-  Un coup sournois, il s'est fait (scrrr) pendant son sommeil ? Cela arrive souvent qu'un chevalier se fasse estourbir par son propre écuyer, soudoyé par un autre chevalier plus riche. Il lui mets du poison dans l'Armagnac... Non, non pas dans l'Armagnac.

D- Non !

S- Alors un géant ?

D- Non !

S- Un dragon ?

D- Non une carpe.

S- Une carpe ?

D- Lors d'un banquet, une grosse arête s'est logée en travers de son gosier et il est mort sur le coup.

S- Mourir en plein repas, Quelle mort magnifique !

D- Mais, bien que mort, Thibault eut le temps de s'emparer de son épée, de monter sur la table et de crier trois fois, sus aux Anglais !

S- Sans finir son repas, quel courage ...

D- Et il resté debout, droit, les yeux ouverts sur l'horizon, son épée brandie vers les Anglais.

S- Je vous dit pas la crampe...

D- Dix hommes ont essayé de lui arracher l'épée pour lui donner sépulture décente. Mais sa lame était comme soudée à sa main. On y attacha des chevaux puis des boeufs, tous tirèrent mais son épée resta dans sa dextre. Alors plutôt que de s'épuiser en vain on décida de le porter en terre tel quel.

S- C'est plus simple. En plus c’est pratique avec l’épée ça fait paratonnerre …

D (fort) Mais il est revenu!

S- (cherchant gauche et droite) Où ça , où ça ?

D- Les soirs de pleine Lune, comme ce soir d'ailleurs, regarde Sancho la lune est ronde et pleine, on entend son fantôme se promener dans ce qui fut son château.

S- En haut du donjon ?

D- Non, la cave.

S- Et il agite des chaînes ?

D- Non, il bois au tonneau.

S- Quelle belle mort Monseigneur, c'est une comme cela que je voudrais …

D- Rassure toi Sancho, cela ne saurait tarder.

S- Pour vous mais pas pour moi. Moi, je ne suis point pressé...

D- Mais Sancho, tous les ans, à la même date le spectre de Thibault retrouve le fantôme de Jeanne, et il est ici je le sens...

S- Ah bon !

D- Sancho ! Laisse toi guider par ta fortune et retrouve le Seigneur Thibault.

S: Et c'est repartit.

Euh .. pourriez vous éclairer ma lanterne Monseigneur, le seigneur Thibault d’armagnac est il aussi fort que la légende le suppose ?

D- Et bien plus encore !

S- Il me faut un balèse, Que dire de ces bras ?

D- Des mâts de caravelle.

S- De ces avants bras ?

D- Des jarrets de pur sang.

S- De son buste ?

D- Forgé dans le granit !

S- De son regard ?

D- De braises?

S- De ses cheveux ?

D- La crinière d’un lion sauvage !

S- Un lion ? Un conseil : évitez d’aller chez le coiffeur quand vous avez le hoquet ! Voilà Monseigneur, c’est bien lui … un peu abîmé par le temps peut être …

(Sancho choisi un homme dans le public)

D- Oui, je sais que ces années d’errance ne peuvent laisser une enveloppe charnelle intacte, aussi parfaite soit-elle

(Sancho choisi une femme dans le public)

(Play Back)

T- Ô Jeanne, ma douce, ma vie, je me prosterne devant vous afin que vous daignez user de moi selon votre bon plaisir...

J- Ô Mon chevalier, si votre ramage se rapporte à votre plumage vous êtes le phénix des hôtes de ces bois !

T- Considérez que dorénavant, je suis à vous jusqu’au dernier de mes cheveux.

J- Mais qu’utilisez vous donc comme shampooing ?

T- Mon âme se consume, j’ai tellement attendu ce moment.

J- Et bien voilà, c’est fait.

T- Prenez moi, je suis à vous...

 

Sancho et DQ s’éloignent en narrateurs : 

- Et Thibault offrit une rose à Jeanne

- Elle le pris par la main.

- Ils s’enlassèrent tendrement.

- Et s’embrassèrent langoureusement.

- Pendant des heures.

- Et des jours.

- Et des années.

- Ils s’en moquaient, ils étaient immortels !

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Didier Guillion - dans Théatre
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