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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 16:52

Nous jouions une pièce dans un vrai théâtre du centre ville. Pièce que nous avions écrit nous même. Ca s'appelait "Café Bouillu" .

Et quand je veut dire jouer, c'était quatre soirs par semaine, pendant trois semaines, dans un vrai théâtre. Tournée de pro.

Je situe, nous avions construit nous même les décors avec les moyens du bord. Cela se passait dans un bistrot.

Visualisez, une porte vers les appartements coté Jardin (à gauche), un accès simple à la cave du bistrot au centre, l'entrée coté Cour (à droite).

Les portes, c'est toujours une hantise quand on conçoit un décor de théâtre. Il faut étayer, lester avec des parpaings, ça doit fonctionner coûte que coûte.

Un soir, nous est arrivé le plus irrépressible fou rire que nous avons pu avoir sur scène.

Une actrice devait faire une sortie énergique par la porte de l'appartement. Et ce soir là, au lieu de pousser, elle a tiré sur la porte...

Quand elle s'est rendu compte de son erreur, elle a voulu pousser, mais là, trop tard ! 

Elle avait coincé la porte et était bloquée sur scène, incapable de faire sa sortie...

Gros moment de flottement. Elle s'énerve sur la porte. La secoue en répétant sa réplique finale.

Nous, dans les coulisses, nous nous précipitons, on essaie de débloquer la porte avec les moyens du bord. Rien à faire...

Le public commence à comprendre que quelque chose de pas très normal est en train d'arriver et les rires fusent. 

Sur scène, c'est la panique et un début de fou-rire difficilement contenu. Cela dure une minute, et je peut vous dire qu'en "temps théâtre" une minute c'est beaucoup plus que soixante secondes...

Dans les coulisses, nous on ne peut plus rien faire, on est couchés par terre, pliés de rire à s'en faire mal aux cotes.

Alors, l'acteur qui donnait la réplique à l'infortunée prisonnière, au bout de ses ressources, ne trouve rien de mieux à dire que "Passe par la cave !".

Hurlements de rire dans la salle.

Finalement, ce soir là, nous avons eut une "standing ovation".

C'est ça le théâtre, le "direct live" dans toute sa splendeur, la marche sur la corde raide, et quand les spectateurs ont la conscience de vivre quelque chose qu'ils comprennent être un événement unique, ça casse la baraque.

Le lendemain, nous avons renforcé la porte... Ce n'est plus jamais arrivé.

Jacky, Olivier, Sylvie, Séverine, Eric, Philippe, je suis sur que vous n'avez pas oublié...


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Didier Guillion - dans Humeur
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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 15:52

Qu'est ce qui peut pousser un être raisonnable à subir le stress, travailler dur, répéter, répéter encore, pendant des mois, faire 400 km pour l'occasion, monter sur scène, mourir de trouille face à un public, être ébloui par les projecteurs, crever de chaud en costume cravate en plein mois d'Août, en redescendre épuisé, laminé, la voix cassée, des bleus inexplicables sur les bras et n'avoir qu'une envie, recommencer ?

Je n'en ai aucune idée. 

Moi, ce que je voulait faire, c'était dessiner des filles nues au fusain. 

Je me suis donc inscrit au cours de dessin du Centre Culturel le plus proche.

Il y avait aussi des cours de théâtre. Dans un Centre Culturel, on peut demander une séance d'essai gratuite. Un jour, poussé par une amie, j'y suis allé. Et tout est allé très vite. Pouf ! Dix huit ans ont passé. 

Une grande tranche de temps vibrante d'émotions.

Avec son cortège de troupes, de clans, de fortes gueules, de défections, de coups bas, de tonnes de parpaings déchargées à trois heures du matin sous la pluie, de décors, construits, montés, démontés, réparés, recyclés, de bon plans, de mauvais plans, des bides, des succès.

Et puis, surtout il y a les autres, ceux avec qui on partage cette émotion et qui deviennent plus que des amis : des partenaires de scène.

Les troupes se font, se défont, les gens s'en vont, on se perd de vue mais souvent on y repense. Quand le hasard nous fait nous croiser, on retrouve instantanément la complicité, on reprend presque la conversation là où on l'avait laissée. En fait, l'autre n'avait jamais été très loin. Les anecdotes connues de tous remontent, et on en rigole à nouveau.
"Tu te rappelle la fois où..." 

Ou alors, on ne dit rien, parce que c'est bien aussi.

Parfois, en classant des papiers, on retrouve une vieille photo découpée dans un journal local, et on se dit "Je me rappelle ce soir là".

Un peu de regret aussi. On se dit que c'était si fort ce que l'on vivait ensemble que l'on aurait du le savoir, qu'il fallait goûter cet instant avec plus de profondeur et ne pas seulement le vivre, le laisser filer.

Maintenant, je fais gaffe. J'apprécie, je déguste, je me pourlèche. 

Etre sur scène, c'est un des desserts de la vie, il faut le consommer lentement, avec attention et délectation...

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Didier Guillion - dans Humeur
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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 17:52

Ce matin, sur la petite place, près de chez moi, il y a eut un accident. J'ai entendu le choc de loin, précédé par un violent bruit de freinage. J'arrive sur la place, une voiture est assez gravement abîmée. De petits bouts de plastique et de verre un peu partout. Les deux conducteurs, la trentaine chacun se font face. Je me dit "Aie Aie Aie, ça va dégénérer". Mais non, quelques mots échangés à voix basse et ils poussent ensemble la voiture en travers de la route qui ne peut plus rouler et bloque le passage. Je leur donne un coup de main. Ils me remercient.

Pas un mot déplacé, ils restent calme. Et je trouve cela magnifique. Ca ma donné la pêche pour toute la journée. Les gens sont humains quand ils le veulent.

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Didier Guillion - dans Humeur
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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 14:07


C'est une matinée fraîche et claire. Une des plus belles depuis le début de l'année.

Il file sur l'avenue, à vélo, propulsé d'un coup de pédale énergique. La circulation automobile est dense : c'est l'heure de la rentrée des classes.

Derrière lui, assise sur un cageot ficelé au porte-bagage, une fillette d'à peu près dix ans. On peut supposer que c'est sa fille. Elle a les mains dans les poches de son blouson pour les garder au chaud et les jambes tendues, pieds levés. Légèrement penchée en arrière pour maintenir son frêle équilibre.

Mais l'homme est conscient du danger, il pourrait chuter ou se faire accrocher, à vélo tout peut arriver, si vite...

Alors, il a mis son casque. 

Elle non.

C'est une histoire vécue. Et c'est le genre de vision qui me fait trembler et me met de mauvaise humeur une partie de la journée. L' inconscience de certaines personnes est criminelle.

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Didier Guillion - dans Humeur
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 17:47

Bonjour,

Il y a quelque temps, j'ai commencé à écrire des sketchs pour un duo de théâtre que je produisait sporadiquement avec un talentueux partenaire. 

On s'est bien éclaté sur scène et certains moments restent inoubliables. 

Mais, bon, ces textes, déjà joués ou jamais joués, végètent sur mon disque dur, et c'est dommage. 

Un texte c'est comme un ballon de baudruche, il faut de la vie pour le gonfler, le faire vivre et s'envoler.

Je vais donc les relire (désolé s'il reste des fautes), et vous les proposer. 

Ils sont libres de droit, vous pouvez donc les modifier, les adapter, sans aucune autre contrepartie que d'en citer la source. Si vous avez des questions, des propositions, je suis même prêt à les retravailler ou discuter de certains jeux de scène qui ne sont pas décrits.

Mais, si vous les jouez, que vous me prévenez, et si, cerise sur le gâteau, vous m'envoyez une photo de vous sur scène avec des commentaires sur l'accueil reçu, cela me donnera, beaucoup, beaucoup, de plaisir.

Cordialement

 

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Didier Guillion - dans Humeur
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