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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 17:38

fauxsang01


Cliché © Stéphane Odo

J'ai eu besoin, pour un personnage, de fabriquer du faux-sang. C'est la première fois que j'applique ce que j'ai appris en cuisine pour le théâtre !

Les contraintes étaient : des ingrédients faciles à trouver, pas chers, comestibles, sans trop de gout, sans odeur, qui ne tachent ni la peau, ni les vêtements, et ne poissent pas.

Il y a deux critères importants pour un bon réalisme : la viscosité et la couleur.
J'ai essayé une mixture chocolat en poudre/chocolat de nappage, le rendu est sympathique mais on sent fort le chocolat et comme c'est sucré cela colle dans le cou, aux vêtements, aux plis des coudes, très désagréable. Et en plus je suis sur qu'en été cela attire les abeilles ! Donc je voulait une recette sans sucre : coulis de framboise, miel ou autre sirop de maïs.

Pour la viscosité, j'ai essayé avec de l'agar-agar, cela donne une gelée qui coule difficilement. Idem pour la gélatine animale.
J'ai tenté ensuite avec de la farine de maïs, c'est trop difficile à doser correctement et le rendu n'est pas génial.
Je me suis donc tourné vers la farine de manioc, qui est la composition essentielle du Tapioca ou des Perles du Japon.
Après quelques tâtonnements, la viscosité est excellente et surtout stable dans le temps même sur plusieurs jours. On conserve simplement l'appareil au froid positif dans un récipient hermétique.

Pour la couleur, la composante essentielle est le rouge carmin que l'on trouve au rayon pâtisserie.
Le rendu étant trop limpide, on l'opacifie avec un soupçon de bleu pâtisserie et du café lyophilisé.

Alors voici :

fauxsang02100 g d'eau
10 g de Tapioca
1 cc rase de café lyophilisé
20 gts de colorant rouge
1 gt de colorant bleu

Cuire le tapioca dans l'eau à feu doux, jusqu'à ce que mélange soit translucide (environ 5mn)
fauxsang03Mixer.
fauxsang04Ajouter les colorants et le café, bien mélanger.
fauxsang05C'est tout.
Pour un rendu plus "vieux sang", augmenter un peu le dosage du café.

Résultat : une bonne viscosité, une couleur stable.
Quand le mélange sèche sur la peau, cela la fripe légèrement et donne une impression de peau abimée.
Cela se lave à l'eau tiède, y compris sur les vêtements blancs.

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Didier Guillion - dans Théatre
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 16:43


Et nous voilà déjà Dimanche, c'est le dernier jour. En cuisine, on s'active avec frénésie depuis potron-minet. Le chef, Raphaël, veut terminer le Festival en beauté, brochettes de magrets de canard au miel et fines herbes, coeur de volailles braisés, légumes de saison en salade avec une sauce spéciale, Garbure Landaise... Si certains visiteurs venaient pour la première fois dans le Gers, je suis sur qu'ils y sont revenus depuis.

Mais, c'est aussi les scènes ouvertes où les comédiens sont invités à participer pour des improvisations, alors de temps en temps je troque ma toque d'aide-cuistot pour passer sur scène. C'est très excitant !

Dans le final de notre création, nous prenons au hasard dans le public un homme et une femme. Nous les conduisons sur scène et ils jouent les rôles que nous leur avons désigné. Leur texte, c'est nous qui le disons, en playback. On presse leur main quand ils doivent ouvrir la bouche pour faire semblant de parler.

Et puis, voilà, c'est terminé, on se dit au revoir, et on rentre sur Toulouse.

Mais il reste une galerie de photos en souvenir de ces journées mémorables :

La galerie

Troisième jour :

S- Mon maître vous m'avez narré hier les fantastiques aventures de Thibault d'Armagnac, vous m'avez raconté ses combats épiques contre les Anglais au cotés de la douce Jeanne et vous étiez disposé à me décrire de quelle manière héroïque sa vie se termina.

D- Un jour Sancho, il ne vint point au rendez vous avec la dame de ses pensées, Jeanne, la douce Jeanne, qui le guetta longuement, la larme à l'oeil et les cheveux aux vents...

S- Une indigestion ?

D - Non, la mort. Seule, la mort pouvait l'arrêter. Soudaine, terrible et impitoyable. Il fut frappé.

S- Un chevalier plus valeureux que lui ?

D - Certes pas, il ne peut y avoir de chevalier plus valeureux que Thibault d'Armagnac !

S-  Un coup sournois, il s'est fait (scrrr) pendant son sommeil ? Cela arrive souvent qu'un chevalier se fasse estourbir par son propre écuyer, soudoyé par un autre chevalier plus riche. Il lui mets du poison dans l'Armagnac... Non, non pas dans l'Armagnac.

D- Non !

S- Alors un géant ?

D- Non !

S- Un dragon ?

D- Non une carpe.

S- Une carpe ?

D- Lors d'un banquet, une grosse arête s'est logée en travers de son gosier et il est mort sur le coup.

S- Mourir en plein repas, Quelle mort magnifique !

D- Mais, bien que mort, Thibault eut le temps de s'emparer de son épée, de monter sur la table et de crier trois fois, sus aux Anglais !

S- Sans finir son repas, quel courage ...

D- Et il resté debout, droit, les yeux ouverts sur l'horizon, son épée brandie vers les Anglais.

S- Je vous dit pas la crampe...

D- Dix hommes ont essayé de lui arracher l'épée pour lui donner sépulture décente. Mais sa lame était comme soudée à sa main. On y attacha des chevaux puis des boeufs, tous tirèrent mais son épée resta dans sa dextre. Alors plutôt que de s'épuiser en vain on décida de le porter en terre tel quel.

S- C'est plus simple. En plus c’est pratique avec l’épée ça fait paratonnerre …

D (fort) Mais il est revenu!

S- (cherchant gauche et droite) Où ça , où ça ?

D- Les soirs de pleine Lune, comme ce soir d'ailleurs, regarde Sancho la lune est ronde et pleine, on entend son fantôme se promener dans ce qui fut son château.

S- En haut du donjon ?

D- Non, la cave.

S- Et il agite des chaînes ?

D- Non, il bois au tonneau.

S- Quelle belle mort Monseigneur, c'est une comme cela que je voudrais …

D- Rassure toi Sancho, cela ne saurait tarder.

S- Pour vous mais pas pour moi. Moi, je ne suis point pressé...

D- Mais Sancho, tous les ans, à la même date le spectre de Thibault retrouve le fantôme de Jeanne, et il est ici je le sens...

S- Ah bon !

D- Sancho ! Laisse toi guider par ta fortune et retrouve le Seigneur Thibault.

S: Et c'est repartit.

Euh .. pourriez vous éclairer ma lanterne Monseigneur, le seigneur Thibault d’armagnac est il aussi fort que la légende le suppose ?

D- Et bien plus encore !

S- Il me faut un balèse, Que dire de ces bras ?

D- Des mâts de caravelle.

S- De ces avants bras ?

D- Des jarrets de pur sang.

S- De son buste ?

D- Forgé dans le granit !

S- De son regard ?

D- De braises?

S- De ses cheveux ?

D- La crinière d’un lion sauvage !

S- Un lion ? Un conseil : évitez d’aller chez le coiffeur quand vous avez le hoquet ! Voilà Monseigneur, c’est bien lui … un peu abîmé par le temps peut être …

(Sancho choisi un homme dans le public)

D- Oui, je sais que ces années d’errance ne peuvent laisser une enveloppe charnelle intacte, aussi parfaite soit-elle

(Sancho choisi une femme dans le public)

(Play Back)

T- Ô Jeanne, ma douce, ma vie, je me prosterne devant vous afin que vous daignez user de moi selon votre bon plaisir...

J- Ô Mon chevalier, si votre ramage se rapporte à votre plumage vous êtes le phénix des hôtes de ces bois !

T- Considérez que dorénavant, je suis à vous jusqu’au dernier de mes cheveux.

J- Mais qu’utilisez vous donc comme shampooing ?

T- Mon âme se consume, j’ai tellement attendu ce moment.

J- Et bien voilà, c’est fait.

T- Prenez moi, je suis à vous...

 

Sancho et DQ s’éloignent en narrateurs : 

- Et Thibault offrit une rose à Jeanne

- Elle le pris par la main.

- Ils s’enlassèrent tendrement.

- Et s’embrassèrent langoureusement.

- Pendant des heures.

- Et des jours.

- Et des années.

- Ils s’en moquaient, ils étaient immortels !

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Didier Guillion - dans Théatre
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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 15:42

C'est un samedi, en Septembre 2005, il fait beau. Nous interprétons une création en trois parties à Termes d'Armagnac.

La veille, nous avions joué à peine débarqué de la voiture, devant un petit comité. Mais le Samedi, le public commence à affluer. La plupart des spectacles sont gratuits et on peut même se restaurer sur place. L'équipe de l'association s'active avec frénésie. En attendant de jouer, je fait le tour des lieux. Une cuisine improvisée est en train de se mettre en place, un chef et quelques bénévoles. On prévois plus de cent couverts pour le déjeuner. J'adore l'excitation de la cuisine, le coup de feu, les couteaux qui s'agitent, les ordres qui fusent et les grandes marmites qui bouillonnent.

Je propose mon aide, elle est acceptée. Pendant trois jours, je vais répondre aux ordres du Chef, Raphaël, une forte tête qui pousse de terrible coups de gueule mais sait aussi prendre dix minutes pour expliquer comment découper une tomate. D'accord, ce sera servit dans des assiettes en plastique mais aucune dérogation sur la présentation, chaque plateau doit être bien garni, servit chaud et d'abord plaisant aux yeux. Ce n'est pas de la cantine, c'est de la gastronomie de terrain.

Je vais passer trois jours magnifiques à apprendre un tas d'astuces.

Mais à peine le tablier et la toque enlevés, il est temps de jouer la deuxième partie de notre pièce.

A noter, qu'il y a beaucoup d'Anglais dans le Gers, et que certains étaient venus voir le spectacle, merci de leur compréhension...

 

Deuxième jour :

 

S- Mon maître vous m'avez narré hier les fantastiques aventures de Thibault d'Armagnac, vous en étiez à ces combats épiques contre les Anglais aux cotés de la douce Jeanne. 

Apres avoir déjeuné d'un demi boeuf, et de quelques tonneaux de bon vins, il enfourche son cheval et rejoint les pays de Loire.

D- Et le vent de sa course est si fort qu'il souffle les volcans d'Auvergne.

S- Et il se retrouve face à l'armée des Anglais.

D- Alors Thibault d'Armagnac, ne fait ni une ni deux, il pique son cheval et charge seul les Anglais, en abat deux, dix, une centaine. 

D- Une centaine ?

S- Son épée est si tranchante et si habillement maniée, qu'il lui est fréquent de pourfendre le chevalier avec sa monture, de haut en bas, l'épée ne s'arrêtant qu'au sol. Qu'il ne touche pas. Car jamais un chevalier ne porte atteinte au sol de son Royaume. Il l'abreuve simplement du sang de ses ennemis. 

S- C’est beau … mais ça doit faire mal.

D- Un jour, un capitaine Anglais lui manqua de respect. Il lança à Thibault une injure terrible "D'ou iou vant euh coupeof ti?".

S- Quoi ?

D- D'ou iou vant euh coupe of ti !

S- Non, pas de coupe de tif, merci

D- Mais pas toi, Thibault ! Son noble sang ne fit qu'un tour. D'un revers habile de son épée il fit voler la tête de son ennemi.

S- Ah Ouais ! il avait qu’à pas se moquer de sa coiffure ...

D- et la tête vola jusqu'en Angleterre..

S- Ce drop !

D- Où elle chut sur la table du roi des Anglais

S- En plein dans le bouillon à la menthe !

D- Il en fut fort mécontent.

S- Tu m'étonnes des yeux dans le bouillon ! Non, ils aiment pas le pâté de tête les Anglais... 

D- Alors, après la bataille, Thibault revient près de sa douce et tendre, et, à ses genoux, il joue du luth et chante une ode savante écrite pour elle alors qu'il chevauchait depuis les collines de Gascogne.

S- "Il descend de ses collines à cheval ! il descend de ses collines à cheval!"

D- Puis comme le soleil finit sa course, il reprends son chemin et rentre en son domaine.

S- Juste à point pour dîner !

D : Sus à l’ennemi ! (Q fonce dans le public). Suivez-moi chevaliers qui combattez sous la bannière du vaillant Thibaut d'Armagnac. Où es-tu orgueilleux roi des Anglais ? (Q fait tournoyer sa lance en l’air)  Sancho, plonge dans la mêlée et ramène moi le roi des anglais !

S: Mais mon maître a quoi le reconnaîtrais je ?

Q: Il doit avoir fière prestance !

S: C'est pas gagné !

Q: Le temps bileux

S: Là il y a le choix.

Q: Et une couronne sur la tête.

S: Alors là je l'ai monseigneur. Mais c'est un colosse.

Q: Ah ! Viens ici, je suis seul et c’est en combat singulier que je veux mettre tes forces à l’épreuve et t’ôter la vie pour venger l’affront que tu fais subir à Thibault d'Armagnac.

S: Ce roi des anglais va le mettre en pièces. Je dois l'en empêcher ! (Il assomme Q)

Q : Une attaque par derrière ! Le lâche, le fourbe, un chevalier qui n’attaque pas de front n’est pas digne de son rang. 

S : Ah, monseigneur, je vous avais bien dit de faire demi-tour. Un homme averti en vaut deux !

Q: Voila à quoi en sont réduis ceux qui comme moi ont décidé de suivre les dures lois de la chevalerie. Et ceci n'est rien a coté de la fin héroïque de Thibault d'Armagnac.

S: Oh Mon maître ! racontez moi donc cela.

Q: Patience Sancho, la suite viendra demain, il est temps de trouver gîte...

S: Et couvert !

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Didier Guillion - dans Théatre
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7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 16:06

 

      

Tous les ans, dans le courant du mois de Septembre, a lieu dans un tout petit village du nom de Termes d'Armagnac, un festival où des conteurs du monde entier se retrouvent et offrent au public trois jours de rêve dans un décor médiéval.

S'y rendre c'est en premier lieu l'occasion de découvrir (ou redécouvrir) la formidable convivialité Gersoise et la franche bonne humeur qui semble animer toute cette région de France. Vous vous rappelez le film "Le bonheur est dans le pré" ? Et bien, c'est nettement en dessous de la réalité...

Nous avions déjà participé au Festival, mais cette fois ci l'organisateur nous demanda de monter un spectacle inédit mettant en scène le héros du lieu : "Thibault d'Armagnac", la contrainte était que la représentation se fasse sur trois jours, un sketch par jour, donc chaque fois avec un rappel des épisodes précédents.

Les délais étaient courts, nous étions en plein dans nos personnages de Sancho Pancha et Don Quichotte, nous avons décidé de garder ces personnages et de retranscrire Thibault d'Armagnac au travers d'eux.

Le projet fut accepté mais nous nous sommes rendus compte que nous avions très peu d'informations sur ce Gascon légendaire. Qu'importe ! Nous allions tout inventer, à la manière des épopées du Moyen Age. 

Voici donc le texte que nous avons écrit et interprété...

      

Premier Jour:

 

D - Allons Sancho, il nous faut garder front haut car un destin hors du commun nous attends.

S - Pour sûr, mon Maître, maintenant que j'ai un modèle à suivre, la voie m'apparaît plus clairement

D - Tu m'en vois fort aise Sancho.

S - Ma seule certitude est de ne pouvoir n'arriver qu'a sa cheville, tant les exploits qu'il propose à ma vue dépasse mon entendement.

D - Oh ! Ami Sancho, un chevalier errant est habitué à de telles aventures. Elles méritent à peine d'être écrite dans le livre de sa renommée. Mais si l'on rencontre un dragon bien belliqueux, je ne dis pas...

S- Pour sur, il n'est point de la race de ceux qui fuient devant un dragon !

D- Ou même deux !

S- Ou même deux, il saisira le premier pour assommer le second.

D- Tout à fait Sancho ! Pas de merci pour ces bêtes du Diable !

S- C'est un si fameux héros !

D- Oh ! 

S- Sa musculature est si puissante...

D- euh… oui

S- Il faut le voir quand il défie l'ennemi, le front haut...

D- Oui, le front...

S- La rage dans les yeux...

D- Oui, la rage !

S- Et les cheveux flottants au vent...

D- Oui, les cheveux… Les cheveux quels cheveux ?

S- Et bien les siens!

D- Il ne m’en reste que très peu, mais de très beaux, il est vrai !

S- Mais pas les vôtres Monseigneur !

D- Saches pour ta gouverne que le créateur a fait quelques têtes parfaites, les autres il a mis des cheveux dessus...

S- Je parlais de ceux de Thibault d'Armagnac bien sur ! 

D- Thibault d'Armagnac …

S- Thibault d'Armagnac, Le plus noble  des chevaliers qui soit ! Le plus grand des Gascons !

D- Tiens donc.

S- Bien entendu mon maître, vous connaissez tout de ses hauts faits.

D- Bien sûr, bien sûr, apprends Sancho, qu'un chevalier se doit de connaître tous les actes célèbres de ses pairs. Mais rafraîchis moi donc un peu la mémoire, pour que je sois bien sur que nous parlons du même...

S- (Enthousiaste) Thibault d'Armagnac est né en terre Gasconne. C'était un enfant si parfait, que sa mère ne put que s'exclamer "Thibault comme un dieu !". Son père était le fameux Jean d'Armagnac Seigneur de Termes.

D- Evidemment, nous parlons bien du même.

S- Son premier exploit fut de mettre à mal une dizaine d'hommes d'armes, des soldats dévoyés en quête de rapine.

D- Ceci est un fait d'arme courant pour nous autres chevaliers...

S- Mais Thibault n'avait que deux ans.

D- Oh ! Deux ans...

S- Il était si grand et si fort, qu'il dépassait déjà d'une tête son père qui était pourtant un vrai colosse.

D- Un fameux gaillard.

S- Et ça ce n'est rien a coté de ce qu'il accomplissait en une seule journée.

D- Narre moi donc cela Ami Sancho, cela me distraira peut être, entre deux batailles un chevalier se languit.

S- A peine réveillé, il se fait porter au lit quelques poulardes, rots et menus charcutailles. Une petite omelette battue avec un soupçon de crème fraîche et des herbes. Un cruchon de lait et quelques pâtisseries. Avec cela un bon verre d'Armagnac. Et il se lève.

D- Prêt à aller combattre ! il demande ses armes et son cheval ?

S- Non. Sa serviette et sa fourchette. Car après ces amuses bouches Thibault est disposé à prendre petit déjeuner. Souvent quelque chose de léger, un demi boeuf, ou une brochette d'agneaux (mais là nous parlons bien d'une douzaine d'agneaux enfilés sur un mat) avec, pour faire descendre le tout, un tonneau du meilleur vin du comté, et un petit armagnac bien sur ...

D- Cela n'est rien, apprends ami Sancho, que ses faits d'armes dépassent de loin ses exploits gastronomique.

S- Ah oui ?

D- A peine sa collation achevée,  Thibault enfourche son cheval et galope vers le Nord. Il en épuise deux, dix, vingt, sous lui

S- Tu m'étonnes avec le poids qu'il devait faire...

D- Mais le voici qui franchit les plaines du Languedoc, traverse les Grandes Forets de la Loire et atteint le Fleuve.

S- Il traverse cela tout d’un trait ?

D- D'un trait.

S- Sans goûter a l'aligot et au tripoux ?

D- Il va si vite, que le vent de sa course souffle les Volcans d'Auvergne. D'ailleurs tu peux constater qu'ils sont désormais éteints. 

S- Et oui, depuis ils font de l'eau de source. (Grimace)

D- Le soleil est maintenant haut dans le ciel. Les corbeaux croassent sur le champ de bataille. Tu entends les corbeaux Sancho ?

S- Oui, je les entends. Comme on dit, corbeau perché, il est temps de manger.

D- Qui entend le Corbeau monte aux créneaux !

S- Corbeau qui croasse, boit de la binasse !

D- Et c'est la que l'attends Jeanne, sa douce, sa pure Jeanne. Qui combat les Anglais.

S- Quelle femme ! Mais par contre au niveau cuisine, elle était nulle, elle faisait tout brûler. Mais parlez moi de Jeanne et des Anglais

D- Patience Sancho, regarde la lune est ronde et pleine, il est temps de trouver un gîte ou solitude et silence pourront combler mes pensées.

S- Et diverses charcutailles, pour combler mon estomac...

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Didier Guillion - dans Théatre
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